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Jacques Chirac a-t-il dit « Sans l'Afrique, la France va glisser au rang de troisième puissance » ?


Cet article prétend que Jacques Chirac a déclaré en mars 2008 :

"Sans l'Afrique, la France va glisser au rang de troisième puissance"

Ceci est significatif car cela implique que la France agit comme une puissance coloniale du 19ème siècle.

Ma question est: Jacques Chirac a-t-il dit « Sans l'Afrique, la France va glisser au rang de troisième puissance » ?


Je l'ai trouvé maintenant ici : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/24_Lombart.pdf (note de bas de page 40), où quelqu'un (pas Chirac lui-même) dit que Chirac est « de ceux pour qui » sans l'Afrique, la France deviendrait une puissance de troisième rang' » (un de ceux pour qui « sans l'Afrique la France deviendrait une puissance de troisième ordre »). NB. « tiers-monde » et non « tiers-monde ».


5 citations de dirigeants français qui révèlent à quel point la France dépend de l'Afrique pour sa survie

« Nous devons parler le langage de la vérité : la croissance africaine nous entraîne. Son dynamisme nous soutient et sa vitalité nous stimule… Nous avons besoin de l'Afrique. - Sdiscours du ministre français des Finances Pierre Moscovici, décembre 2013

Le président François Hollande

« … La France, avec l'Europe, aimerait être encore plus impliquée dans le destin de votre continent … l'économie de demain dépendra fortement de la force et du dynamisme des entreprises africaines… L'objectif que je me suis fixé est de doubler le niveau des échanges. entre la France et l'Afrique en cinq ans.” — Discours de l'actuel président François Hollande au Sommet de l'Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique, décembre 2013


Afrique Pourquoi la France ne peut-elle pas quitter l'Afrique ? Sans voler et tuer, la France ne peut pas survivre ! - SEYTOO.COM

Le grand espoir blanc de la France – Emmanuel Macron – se vendait récemment en Afrique. Il était plein de blagues et de sourires. Cependant, alors que l'emballage portait l'inscription « innocence juvénile » partout, le produit était « démence sénile ». Peu importe l'âge de l'homme, la tentative française de diriger l'Afrique est une histoire éculée et stupide. Et l'homme – Macron – est encore un autre masque français éventé et stupide.

Le masque est tombé dans un forum public au Burkina Faso lorsque l'armée française et sa présence en Afrique ont été interrogées par une fille. En réponse, Macron a dit hystériquement au public local qu'ils devraient applaudir les soldats français dans les rues africaines.

Le problème était que la veille, un local – au lieu d'applaudir – avait lancé une grenade à main sur les troupes françaises. Et le lendemain, quelques habitants de plus ont crié pour la fin du néocolonialisme. La militarisation de la politique française en Afrique commence à sentir comme une occupation pourrie.

Mais quand en a-t-il été autrement ? Depuis qu'elle a commencé à occuper l'Afrique au XIXe siècle, la France n'a attendu que des applaudissements. Le paquet au début de cette longue guerre contre l'Afrique était la « civilisation ». Mais cela n'a jamais caché le racisme ignoble et le capitalisme ignoble qui ont poussé l'armée française à traverser le Sahara.

Dans un mouvement de tenailles géantes commençant vers 1830 et se terminant à la veille de la Première Guerre mondiale, la France a lentement mais sûrement conquis la majeure partie de l'Afrique de l'Ouest et du Centre. Se déplaçant à l'est de Dakar et au sud d'Alger, l'armée française a probablement volé 40% du continent.

Cependant, alors que la « France » terrorisait l'Afrique, Paris a rencontré son ennemi juré : Berlin. La puissance teutonique se réveilla et procéda ironiquement à faire à la France ce que la France faisait à l'Afrique. Dans une série de guerres et d'occupations (1871, 1914 et 1940), l'Allemagne a écrasé sans pitié la place de la France dans le monde. Et en 1960, plus ou moins, la France était hors d'Afrique. Et était mûr pour la révolution. Ou contre-révolution.

La Ve République ne pouvait cacher l'échec de la France bourgeoise. 1968 l'a exposé à la vue de tous. Et l'obligeait à choisir d'une manière ou d'une autre. Il pourrait soit suivre l'exemple de l'Afrique et tenter de se libérer de la culture, de l'économie et de la politique de l'impérialisme. Ou il pourrait tenter de restaurer l'impérialisme. Et reconquérir l'Afrique.

La Ve République choisit cette dernière. Et depuis, c'est un nivellement par le bas. L'important Parti communiste français a été rejeté (le Parti socialiste aussi – finalement). Tout comme Jean Paul Sartre. La médiocrité bourgeoise devint la règle. Et en l'an 2000, des politiciens comme Nicolas Sarkozy et des philosophes comme Bernard-Henri Lévy étaient prêts à ramener la France dans les bras de l'OTAN (de Gaulle avait sorti la France de l'OTAN en 1966) et c'est de l'impérialisme à nu.

La France n'était plus une force européenne mais une farce européenne. Le néolibéralisme allemand a dominé le nouveau siècle européen. Et la France ne pouvait que se prosterner devant Berlin et sa religion démoniaque : l'austérité (travail bon marché). Cependant, il y avait un endroit où la France pouvait agir comme la « France » – il y avait un endroit où la France pouvait échapper à la « volonté de puissance » allemande : l'Afrique.

La "volonté de rétrogradation" française avait un sale tour dans sa manche : c'est l'armée en Afrique. Lorsque la France s'est retirée du continent africain dans les années 1950 et 1960, elle a laissé derrière elle des bases militaires actives qui ont continué à lui donner une influence en Afrique. En effet selon le site Stratfor :

« Après leur indépendance, 12 pays [africains] ont signé des accords secrets de défense nationale avec la France. Les accords, qui n'ont jamais été rendus publics, permettent à la France de conserver une présence physique dans les pays en échange de la défense de leur souveraineté nationale [sic]… »

On devine les pays qui ont signé ces infâmes accords français : Maroc, Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tunisie, Tchad, Côtes d'Ivoire, République centrafricaine, Gabon et Djibouti. Quelques autres – selon les connaisseurs – ont ensuite été ajoutés à la liste : le Rwanda, le Burundi et le Zaïre (République démocratique du Congo). En tout cas le tableau était et est clair : avant de quitter (et même après avoir quitté) l'Afrique – la France a jeté une toile autour de l'Afrique.

Et que signifiaient ces arrangements en réalité ? En 2007, le New York Times écrivait que « la France est intervenue militairement en Afrique dix-neuf fois entre 1962 et 1995 ». Et Stratfor en 2016 a calculé 42 interventions françaises entre 1968 et 2013.

Le point de coupure du New York Times est de manière significative 1995 car en 1994, la France a perdu face aux États-Unis dans la bataille stratégique pour le Rwanda (un million ou plus de Hutus et de Tutsis sont morts dans cette bataille - et des millions ont été tués dans les batailles qui ont suivi au Congo etc.). Et dans les années qui ont suivi ce tournant clé de la géopolitique africaine – la puissance française en Afrique a diminué de manière décisive – non seulement à cause de la puissance militaire des États-Unis (AFRICOM) mais aussi à cause de la nouvelle puissance économique de la Chine.

Les temps ont changé dans les années 90. La France perdait « les batailles » pour l'Europe et l'Afrique. Il devenait une puissance de second ordre. Néanmoins, cette astuce restait dans sa manche : les arrangements militaires manifestes et secrets qu'elle avait mis en place en Afrique. Le doigt de la France était toujours sur la détente. La contre-révolution avait désespérément besoin d'un nouveau souffle. Et le « printemps arabe » lui en a donné un.

Lorsque la Tunisie a commencé à manifester en 2010, la France a répondu en offrant sa « puissance militaire » (c'est « son soutien technique et le savoir-faire de la police ») à son agent tunisien : Ben Ali. Et lorsque cette tentative française de réprimer l'indépendance de l'Afrique a échoué - la France a mené les guerres contre la Libye indépendante en 2011 (Opération Harmattan) et l'Azawad indépendant (Opération Serval dans le nord du Mali, etc.) en 2013.

En 2014, la situation était telle que Newsweek a affirmé que « la France se réapproprie lentement son ancien empire africain ». Et en 2015, le Business Insider rapportait que « l'armée française est partout en Afrique ». Des milliers de soldats français sont dispersés à travers le Sahara et au-delà (Opération Barkhane). Mais le fait est qu'ils se battaient pour sauver non pas l'Afrique mais la « France ».

La tentative pathétique de restaurer la France bourgeoise (osons dire la France Bourbon - parce que c'est si mauvais en Europe en ce moment) a atteint le stade où l'armée française n'est pas seulement dans toute l'Afrique, mais aussi dans toute la France (Opération Sentinelle). En 2015 – après des attaques à l'arme à feu à Paris – l'armée française a commencé à occuper les rues françaises. Et puis en 2017, le président Macron (le dauphin ? – le prince ?) chevauchant « un char » pour son investiture.

Dans l'économie française non compétitive (en termes bourgeois), le seul concurrent semblait être l'armée française. Ils occupaient et occupent les deux rives de la Méditerranée francophone. Et Macron applaudissait et applaudit encore. Comme il donne moins d'impôts et une main-d'œuvre moins chère à la bourgeoisie décrépite, il donne aux militaires la liberté de la rue. Et la liberté de l'Afrique.

Macron prétend ne pas dire aux Africains quoi faire. Mais l'État français, c'est une autre affaire. Elle a institutionnalisé les relations entre la France et l'Afrique (Françafrique). Et il refuse de lâcher ses illusions de grandeur. Ces dernières années, il a dit sans ambages à l'Afrique ce qu'elle devait faire avec la Libye et l'Azawad (nord du Mali et ses environs). Et aujourd'hui, il mobilise les forces africaines (G5 Sahel) à la poursuite de l'ombre au Sahara.

Pour Macron, les « djihadistes » et les « trafiquants d'êtres humains » sont l'histoire. Mais le néocolonialisme est la ligne de fond. Ou la tentative française de recréer le néocolonialisme est la vraie histoire. Les militaires français sont les griffes de l'État français. Et alors que la France bourgeoise s'efface, ou glisse dans le trou de la mémoire de l'histoire, ses griffes vont creuser profondément dans n'importe quel matériau à portée de main - dans un effort désespéré pour éviter l'inévitable. L'Afrique est ce matériau – le matériau du futur. Alors que la France, malgré ses machinations, n'est qu'un épave.

Le peuple burkinabé a raison de s'interroger sur la présence des militaires français en Afrique. Ils en savent plus que l'enfant président français. Et ils ont un meilleur sens de la réalité que l'État français sénile. Les grenades à main ont plus de sens que les applaudissements.


Héros local

Tout aurait pu être si différent. Il y a cinquante ans, en août, ils se sont dit adieu : lui, un jeune Français intelligent, fraîchement sorti d'un semestre d'été à Harvard et de la fontaine à soda de Howard Johnson, elle, une rougissante belle de Caroline du Sud qui conduisait une Cadillac décapotable blanche et l'appelait (il jure ) "chile de miel".

Il lui a appris le latin, elle lui a appris le mode de vie tout américain. Il a absorbé Dizzy Gillespie et Cab Calloway, a traversé les États-Unis de San Francisco via Dallas à la Nouvelle-Orléans (dont le port était, étrangement, le sujet de sa thèse universitaire - le Times Picayune a imprimé une version abrégée, complète avec sa photo) .

Elle aurait pu être son épouse, a-t-il longuement réfléchi avant de lui demander. Mais l'ambition a eu raison de lui, il savait ce qu'il voulait être quand il serait grand. Il est donc rentré chez lui à Paris, s'est inscrit à l'ENA, finissant l'école extraordinaire pour l'élite française, et a épousé quelqu'un avec les connexions pour l'aider à le devenir.

Aujourd'hui, ceux qui connaissent bien Jacques Chirac disent qu'il se souvient de la jeune Florence Herlihy avec plus que de l'affection. Et son été américain de 1953, financé par une bourse du ministère français des Affaires étrangères, lui a certainement laissé - malgré une prédilection plus tardive et plus connue pour les escargots, les truffes et la tête de veau - un amour indéfectible pour les hamburgers, les banana splits et les milkshakes. .

On peut sans doute croire le président français (ce qui n'est pas toujours facile) lorsqu'il jure que les États-Unis d'Amérique sont le dernier pays au monde avec lequel il se battra volontiers : il adore l'endroit (comme il l'a récemment rappelé au magazine Time, avouant à sa passion pour la malbouffe américaine, mais aussi à une immense tristesse lorsqu'il est accusé d'anti-américanisme).

Alors qu'est-ce qui, précisément, a propulsé le singe en chef de la reddition des mangeurs de fromage à son statut actuel peu enviable d'environ le troisième homme le plus détesté d'Amérique, là-haut derrière Ben Laden, O et Hussein, S ?

« Ce à quoi nous assistons, dit François Heisbourg, directeur de la fondation pour la recherche stratégique à Paris, est un de ces très rares moments en politique où principe et opportunité coïncident. C'est cette combinaison très inhabituelle - un homme politique qui fait, en même temps, ce qui est bon pour lui et ce en quoi il croit."

Cela en fait certainement partie. Il y a moins d'un an, le pauvre Jacques guette le comte. Poussant 70 ans, un presseur de chair de carrière lisse mais irrémédiablement sordide, il a peu à montrer après quatre décennies au sommet de la politique française au-delà de la réussite (certes louable) de veiller à ce que les poubelles de Paris soient ramassées à temps.

Plus, bien sûr, l'honneur douteux d'être nommé dans une demi-douzaine d'enquêtes de corruption différentes et le fait de savoir que, si jamais la justice française faisait son travail, il avait de bonnes chances d'échanger l'Elysée contre une cellule de prison s'il le devait. ne pas être réélu.

Pas moins de trois magistrats instructeurs ont déclaré qu'ils aimeraient interroger Chirac sur une variété de scandales sordides, la plupart remontant à ses 18 ans à la mairie de Paris, allant des escroqueries à l'emploi des garçons à un énorme programme illégal de financement des partis.

Il est également soupçonné d'avoir utilisé l'argent des contribuables pour payer des voyages privés de luxe vers des destinations exotiques et d'avoir tripoté les factures d'épicerie de la mairie à hauteur de 1,4 million de livres sterling. Heureusement, la plus haute juridiction française a décidé qu'il ne pouvait être impliqué dans aucune enquête judiciaire, ni même appelé à témoigner en tant que témoin, tant qu'il reste en fonction.

Pourtant, à peine 10 mois plus tard, le président français est candidat au prix Nobel de la paix (sérieusement). Des millions de personnes dans le monde savent non seulement qui il est, mais l'applaudint activement. Près d'un million de personnes en liesse ont envahi les rues d'Alger cette semaine pour lui réserver un accueil en héros, dans un pays qui a toutes les raisons historiques de détester la France.

Même en Amérique, il y a des gens qui croient qu'il n'est pas une forme de vie moindre que le ver de terre (contrairement au Soleil, qui l'a dépeint comme tel sur une première page française la semaine dernière). Certains portent des pancartes indiquant : « Chirac a raison.

C'est, à n'importe quel point de l'imagination, une transformation remarquable : de boule de graisse gauloise par-dessus la colline à leader du monde épris de paix, de chancelier bourré de charme mais sans scrupules à porte-parole de facto pour tous ceux en Europe (et en effet le reste du monde) qui ne veulent pas voir l'Amérique déclencher une guerre immédiate contre l'Irak.

Chirac fait certainement ce qui est bien pour lui en ce qui concerne son audience nationale : quelque 83 % des électeurs français soutiennent la position de leur président sur l'Irak - presque exactement le même pourcentage, par une heureuse coïncidence, que celui qui avait voté pour lui l'année dernière. -d'ordre du second tour présidentiel contre le leader d'extrême droite Jean-Marie Le Pen.

Beaucoup se sentent mal à l'aise de le soutenir maintenant (bien que probablement moins que lorsqu'ils ont été contraints, pour l'honneur de la République, de le soutenir en mai dernier). La dirigeante du Parti communiste Marie-Georges Buffet, par exemple, a dû avaler plusieurs fois avec difficulté avant de se résoudre à prononcer les mots "Chirac", "courageux" et "je salue" dans la même phrase.

"Même si vous soutenez ce qu'il fait à 100%, avec Chirac vous avez toujours ce sentiment lancinant qu'il doit y avoir des trucs politiques sournois derrière ça", explique Anne-Laure Pereire, économiste. "Je suis fier de la France en Irak, ça me tient à la gorge de dire que je suis fier de Chirac."

Mais ces arguties mises à part, il ne fait aucun doute que le président français s'effondre chez lui. À l'étranger, c'est une autre affaire : la détermination de Chirac à stopper (ou du moins à retarder) la marche vers la guerre de Washington a peut-être fait de lui un héros dans le monde arabe, assez populaire en Afrique et quelque chose d'impressionnant même en Asie, mais cela cause des dommages incalculables à Relations franco-américaines et liens transmanche tendus à l'image de son mentor De Gaulle.

Cela vaut-il la chandelle ? Pour Jacques Chirac, il semble bien l'être, et pour plusieurs raisons. Premièrement, comme le note utilement Jacques Beltran de l'Institut français des relations internationales : « Vous ne devriez jamais écarter la possibilité que le président puisse réellement croire que la guerre contre l'Irak en ce moment n'est pas juste.

C'est la question de principe (ou c'est ce que dit Chirac). Ses objections déclarées sont simples : la guerre aura des conséquences imprévisibles mais probablement horribles pour la population civile irakienne (qui en a déjà assez de mal) pour l'opinion du monde arabe (transformer les modérés en militants) pour la stabilité du Moyen-Orient (une région qui, pour citer le président, "n'a vraiment pas besoin d'une autre guerre") pour la lutte internationale contre le terrorisme (créer "beaucoup de petits Ben Laden") et pour l'opinion islamique en France (une nation qui compte jusqu'à sept millions de musulmans).

Chirac croit en revanche que tant que les inspecteurs sont en place et font leur travail, les choses ne peuvent pas empirer. La soi-disant menace irakienne, si elle existe, est en attente tant que ces équipes de l'ONU sont au travail. Par conséquent, lancer une attaque avant que les inspecteurs disent qu'ils ont terminé (ou se plaignent qu'on les en empêche) est tout simplement faux. La guerre (sa réplique préférée) est « toujours la pire des solutions » : c'est la position.

Sans doute encouragé par le soutien populaire à sa position et le soutien de poids lourds comme l'Allemagne, la Russie et la Chine, Chirac est désormais prêt à ignorer même l'argument américain selon lequel si Paris ne se range pas dans la ligne américaine, ce sera le L'ONU - la source même de l'influence du veto de la France - qui en souffre le plus. "L'ONU perdra toute crédibilité de toute façon, si elle est perçue comme un simple tampon pour l'aventurisme américain", affirme avec assurance un responsable du ministère des Affaires étrangères.

De même, les conseillers de l'Élysée se moquent aujourd'hui de l'idée que la vraie raison de l'obstination de la France pourrait être le commerce franco-irakien : 15 % des réserves pétrolières irakiennes auraient été promises à TotalFinaElf. Avec 20 à 40 entreprises déjà en lice pour le butin, disent-ils, et le monde du pétrole international incapable de fonctionner sans une coopération transfrontalière de grande envergure, les entreprises françaises "ne seront jamais totalement perdantes".

C'est donc une théorie. Un principe inébranlable et noble, combiné à une opportunité heureuse, ont ensemble poussé Chirac dans cette voie particulière. L'autre, bien sûr, repose sur ce qui est toujours une cause probable de toute démarche diplomatique hors du commun : la baraque.

Après sa victoire écrasante de mai, selon cette théorie, et la victoire tout aussi écrasante de ses forces de centre-droit aux élections législatives peu de temps après, Jacques Chirac cherchait un moyen de faire un plongeon suffisamment grand dans la piscine mondiale - "Un geste qui dirait : 'Salut les gars, Jacques est de retour' », comme l'a dit un diplomate occidental.

Après cinq années malheureuses dans l'ombre d'une cohabitation inconfortable avec un Premier ministre socialiste, ses ailes de politique étrangère coupées à tel point qu'il ne contrôlait vraiment que son jet présidentiel, le président était, en somme, désespéré de jeter tout son poids.

Ainsi, coup sur coup : Paris répare les liens avec Washington endommagés par le gouvernement précédent, qui avait la fâcheuse habitude de critiquer publiquement la politique américaine comme « simpliste » l'embargo sur le bœuf britannique est levé le centre de réfugiés de Sangatte est fermé Paris et Berlin retournent dans se recoucher et relancer leur célèbre moteur franco-allemand et, euh, Chirac dit : "Donnez une chance à la paix."

"Je suis tout à fait sûr", dit le diplomate, qui préfère ne pas être nommé, "qu'au début cette position anti-guerre était un drapeau hissé sur le poteau pour voir dans quel sens il soufflait. Chirac ne voulait pas contrarier l'Amérique , il avait passé des mois à se plier en quatre pour être gentil avec ça. Mais quand il a vu la façon dont le vent soufflait, il a sursauté, impulsivement. Et maintenant il est tellement dedans qu'il ne pourrait pas reculer s'il le voulait. "

Et mélangé à tout cela, bien sûr, il y a plus qu'une touche du credo gaulliste familier selon lequel l'Amérique a vraiment besoin d'au moins un allié qui ne soit pas un oui-oui blairiste, et qu'un monde dont l'ordre est déterminé par Washington ne le ferait pas, franchement, être un monde dans lequel tout le monde (et encore moins les Français) serait heureux. Ainsi, plus Washington augmente le frog-bashing, plus la résolution de Paris est intransigeante.

Que son parcours soit tracé par principe, opportunité, arnaque, fiel gaulois ou un mélange impie des quatre (ce qui semble, dans l'ensemble, le plus probable), le président français s'amuse clairement. Imprégné d'un sentiment fraîchement revigoré de sa propre importance, il se sent, comme disent les Français, bien dans sa peau.

Il est tellement choqué qu'il commence à en faire trop : accueillir le dirigeant zimbabwéen Robert Mugabe et divers autres despotes présumés à un sommet de deux jours vaniteux des chefs d'État africains la semaine dernière était indéniablement en train de surjouer sa main, comme le disait l'ancien communiste des États qui espéraient rejoindre l'UE qu'ils avaient été « infantile » et « imprudent » pour soutenir les États-Unis sur l'Irak.

Mais le fait demeure que le monde attend de voir dans quelle direction il sautera ensuite. Même dans les cercles diplomatiques cyniques, il est généralement reconnu que forcer Washington à respecter les règles de l'ONU en proposant la résolution 1441 était un véritable triomphe. Mais le mot maintenant, c'est qu'il sait qu'il pousse sa chance : conscient qu'au nom d'un tyran, il risque de nuire durablement aux relations franco-américaines, il se réjouirait d'un verdict sévère des inspecteurs en armement.

Mais à quelle vitesse et avec quelle facilité peut-il reculer ? A 70 ans, Chirac joue pour sa place dans l'histoire. Il sait pertinemment qu'en l'état, son CV, bourré d'allégations de corruption, de volte-face louches et de promesses non tenues après deux décennies à la mairie de Paris, quelques passages comme Premier ministre et huit ans à l'Elysée, n'en était pas un. cela s'attarderait longtemps. Et il sait qu'il est peu probable qu'il ait une autre chance.

Il ne nous dira jamais ce qui le motive vraiment, bien sûr, et s'il le faisait, nous ferions bien de ne pas le croire : comme un ancien président, Valéry Giscard d'Estaing, aime à le constater : « Chirac peut avoir la bouche pleine de confiture , ses lèvres peuvent en dégouliner, ses doigts en sont recouverts, la marmite peut être ouverte devant lui. Et quand vous lui demandez s'il mange de la confiture, il dira : " Moi ? Jamais, monsieur le président !'"

Peut-être faudrait-il demander à Florence Herlihy, son premier amour américain. Ou peut-être qu'on ne devrait pas s'inquiéter. "C'est dingue", admet Anne-Laure Pereire. "Je sais qui est cet homme, je sais comment il est. Je n'aurais jamais voté pour lui dans un million d'années, et l'année dernière je l'ai fait. Je ne l'aurais jamais dit dans un million d'années, et aujourd'hui je le dis : je Je suis content que Chirac soit là. Il fait un bon et important travail. Bravo.


Le rat qui rugissait

Dire que l'histoire de l'émancipation humaine serait incomplète sans les Français serait commettre un euphémisme fatal. Les Encyclopédistes, les proclamateurs des Droites de l'Homme, l'allié généreux de la révolution américaine . . . l'étincelle de 1789 et 1848 et 1871, se retrouve depuis la première mesure politique d'abolition de l'esclavage, en passant par Victor Hugo et Emile Zola, jusqu'à la galanterie de Jean Moulin et la résistance du maquis. Les idées françaises et les héros français ont animé la lutte pour la liberté à travers les temps modernes.

Il y a bien sûr une autre France, la France de Pétain, de Poujade et de Vichy et de la sale tactique coloniale poursuivie en Algérie et en Indochine. Parfois, les États-Unis ont été en excellente harmonie avec la première France – comme lorsque Thomas Paine a reçu la clé de la Bastille à apporter à Washington, et comme lorsque Lafayette et Rochambeau ont fait de la France le « plus vieil allié ». Parfois, la politique américaine a été inférieure à celle de beaucoup de Français - on pourrait citer la haine de Roosevelt pour de Gaulle. L'administration Eisenhower-Dulles encouragea les Français dans une démarche de folie au Vietnam, et alla jusqu'à en hériter. Kennedy montra une sympathie prudente pour l'indépendance algérienne, à une époque où la France était trop arrogante pour écouter ses conseils. Alors ça va. Lord Palmerston avait probablement raison lorsqu'il a dit qu'une nation ne peut avoir d'alliés permanents, seulement des intérêts permanents. Il ne faut pas s'attendre à ce qu'un pays fier et historique puisse être automatiquement compté « dedans ».

Or, le comportement de Jacques Chirac ne peut guère être analysé en ces termes. Voici un homme qui a dû se représenter l'an dernier afin de préserver son immunité de poursuites, sur des accusations de corruption qui étaient graves. Voici un homme qui a aidé Saddam Hussein à construire un réacteur nucléaire et qui savait très bien pourquoi il le voulait. Voilà un homme à la tête de la France qui est, en effet, ouvertement à vendre. Il me fait penser au banquier de « L'Éducation sentimentale » de Flaubert : un homme tellement habitué à la corruption qu'il paierait volontiers le plaisir de se vendre.

Ici, aussi, est un monstre positif de vanité. Lui et son ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, ont dit avec onctuosité que "la force est toujours le dernier recours". Vraiment ? Ce n'était pas le point de vue de l'establishment français lorsque des troupes ont été envoyées au Rwanda pour tenter de sauver le régime-client qui venait de déclencher un ethnocide contre les Tutsi. Ce n'est pas, on présume, le point de vue des généraux français qui traitent actuellement le peuple et la nation de Côte d'Ivoire comme leur fief. Ce n'était pas l'avis de ceux qui ont ordonné la destruction d'un navire non armé, le Rainbow Warrior, alors qu'il était au mouillage dans un port néo-zélandais après avoir protesté contre la pratique officielle française d'effectuer des essais nucléaires atmosphériques dans le Pacifique. (Je sais que certains de ces outrages ont été commis lorsque le Parti socialiste français était au pouvoir, mais en aucun cas M. Chirac n'a exprimé autre chose que l'enthousiasme patriotique. S'il y a un gouvernement vraiment « unilatéraliste » au Conseil de sécurité, c'est est la France.)

Nous sommes tous conscients du fait que Saddam Hussein doit d'immenses sommes d'argent aux entreprises françaises et à l'État français. Nous espérons tous vivement qu'aucun cadeau privé à des personnalités politiques françaises n'a été fait par le parti Baas irakien, même si un tel scrupule de part et d'autre serait pour le moins anormal. Est-il possible qu'il y ait plus que cela? Le futur gouvernement de Bagdad pourrait très bien ne pas se considérer comme responsable du paiement des dettes de Saddam. Cela conditionne-t-il à lui seul la réponse de Chirac à une fin de régime en Irak?


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C'était Chirac, l'ardent eurosceptique qui finit par devenir un fervent défenseur d'un super-État européen.

Il était le soi-disant champion des droits de l'homme et du monde en développement qui a également aspiré les tyrans les plus épouvantables, a fait valoir que "l'Afrique n'est pas prête pour la démocratie" et a déploré le "bruit et l'odeur" des immigrants travailleurs.

Et pendant tout ce temps, il était le père de famille qui aimait les aventures avec d'innombrables femmes - des humbles secrétaires et travailleurs du parti aux stars de cinéma. En tant que maire de Paris, il a tenu un bus de mairie avec une chambre pour les missions et a utilisé des fonds publics pour louer un appartement à un journaliste politique du Figaro qui était alors sa maîtresse.

Chirac, photographié ici en 1987 avec Madonna, était régulièrement satirisé dans une émission de comédie française en tant que "Superliar"

En tant que président, a affirmé un biographe, il ne voudrait jamais de « femmes nues, brûlantes de désir » à bord du jet présidentiel. Lors d'une visite d'État en Tunisie, il a réussi à amener à la fois sa femme qui souffre depuis longtemps, Bernadette, et sa maîtresse du moment lors du même voyage. Les deux femmes n'échangèrent pas un mot.

Non pas qu'il se laisserait jamais distraire de son travail pendant longtemps. Suite à la publication des mémoires du chauffeur présidentiel, Chirac n'a jamais pu se défaire du surnom qu'il a acquis par la suite : "Cinq minutes - douche comprise" (pour ajouter l'insulte à l'injure, celui-ci a ensuite été réduit de "cinq" à "trois") .

Régulièrement satirisé dans une émission de comédie française de premier plan en tant que "Superliar", Chirac n'aurait jamais atteint où il est arrivé - ou a duré aussi longtemps qu'il l'a fait - dans la politique britannique. C'était sa chance d'avoir la chance d'avoir un média français qui l'a rarement soumis au même examen minutieux que ses homologues britanniques. Cela l'aidait aussi à coucher avec plusieurs d'entre eux.

Et même lorsque des scandales ont éclaté – qu'il s'agisse de bondes ou de mystérieux paiements à six chiffres pour le divertissement familial – la publicité ne semblait jamais lui causer de dommages durables. En ce qui concerne des millions de ce qu'il appelait «mes chers compatriotes», il était un chancelier politique par excellence français qui a redonné la gloire à la vie publique française.

Il a peut-être enragé le monde entier. Le public britannique, par exemple, a été consterné par son attaque foudroyante contre le Royaume-Uni : « Vous ne pouvez pas faire confiance aux gens qui cuisinent aussi mal que ça. » Pourtant, tout a joué avec brio devant un public national.

Chirac, photographié avec la princesse de Galles en septembre 1995, a critiqué le Royaume-Uni avec une remarque cinglante: "Vous ne pouvez pas faire confiance aux gens qui cuisinent aussi mal que cela"

Et les rares fois où ses infidélités extra-conjugales sont tombées dans le domaine public, elles ont peu nui à ses cotes. « Savez-vous où est mon mari ce soir ? », a demandé à son chauffeur l'aristocratique Bernadette la nuit de 1997 où Diana, princesse de Galles, a été tuée dans un accident de voiture à Paris. Selon le chauffeur, le président profitait d'un rendez-vous galant avec une actrice italienne. Lorsque l'histoire est apparue quelque temps plus tard, le public français a haussé les épaules.

Chirac était le seul enfant survivant d'une famille aisée de la classe moyenne qui a brillé à l'école et à l'université et au-delà, en passant par l'armée française - où il était en tête de sa promotion d'officiers - et la prestigieuse École nationale d'administration, le école de formation des fonctionnaires d'élite.

Sa détermination, ainsi que ses compétences politiques et bureaucratiques, ont rapidement été repérées par le Premier ministre français, Georges Pompidou, qui l'a nommé chef de cabinet et lui a donné le premier de ses nombreux surnoms : "Le Bulldozer". Entré au Parlement français en 1967, il est promu ministre de l'Agriculture au début des années soixante-dix. Il a sagement soutenu le nouveau président Giscard d'Estaing et a été récompensé par le poste de Premier ministre.

Il disposa bientôt d'une formidable base de pouvoir pour revendiquer le premier prix (tout en offrant de faux emplois à des copains). En 1977, il est élu maire de Paris et y reste près de 20 ans.

Chirac est devenu président en 1995 et s'est mis à essayer d'appliquer une légère dose de thatchérisme au secteur étatique pléthorique de la France. Une succession inévitable de grèves et de demi-tours a fait que peu de choses ont changé.

En 1977, il est élu maire de Paris et y reste près de 20 ans

Dans le même temps, Chirac a décidé de mener une série d'essais nucléaires sur un atoll éloigné du Pacifique dans la colonie française de Polynésie française – juste avant que la France ne signe un traité d'interdiction des essais. There was outrage around the world, although a handful of France’s allies – including Britain – refused to condemn him.

Months later, the British government invited Chirac and his wife on a state visit to London where he was given the full Buckingham Palace treatment. She was said to be charmed by Chirac and the English-speaking Bernadette. However, within a year, Chirac was touring China, deploring Britain’s imperial record in Hong Kong to secure contracts for French businesses in China.

Having seen off a far-Right challenge by the National Front’s Jean-Marie Le Pen, Chirac won a second term as president in 2002.

Soon afterwards, his refusal to join the US and the UK in invading Iraq saw his approval ratings soar at home. However, his decision provoked such contempt among allies that he was derided by the tabloid press as a ‘cheese-eating surrender monkey’.

There was also another trip to stay with the Queen as Britain and France marked the centenary of the bilateral friendship agreement known as the ‘Entente Cordiale’.

Yet, at the same time, he was cosying up to a man whom Britain was trying to ostracise from the rest of the world.

Zimbabwe despot Robert Mugabe had been banned from visiting Europe. Yet Chirac gave him a special pass to attend a meeting of African nations in Paris.


Coddled on the Rue de Seine

Jacques René Chirac was born in the Latin Quarter of Paris on Nov. 29, 1932, a few years after his father, Abel, then a minor bank official, and his mother, Marie Louise Valette, had moved to the capital from a village in central France.

In Paris, as his father began to rise as a banker, Jacques, then an only child, was spoiled by his mother, whose first child had died in infancy eight years before Jacques’s birth. When he came home from school he would find a piece of candy she had left out for him, its wrapper already opened to save him the trouble. She would ask visitors to wear white shirts, believing they were less likely to carry germs into the house and imperil her son.

In their apartment on the fashionable Rue de Seine, his father, who thought Jacques was lazy at school, would force him to listen to readings from Marcel Pagnol, Charles Baudelaire and Victor Hugo. Jacques went on to an elite secondary school in St. Cloud, west of Paris.

By the start of World War II, his father was a key adviser to Marcel Bloch, a founder of the aircraft maker Dassault, which later produced the Mystère and Mirage fighter planes.

In 1950, at 18, Jacques went to sea on a tramp steamer running coal between Dunkirk, France, and Algiers, the capital of Algeria, the rebellious French possession. Encouraged by the captain, he began studying to become a merchant marine officer. But a few months later, his father showed up at the Dunkirk dock and took him home to enter the prestigious National School of Political Science.

As a student, Mr. Chirac attended a summer course at Harvard in 1953 and worked at a Howard Johnson’s in Boston, starting as a dishwasher and working his way up to counterman. He became engaged to a Radcliffe woman, whose father wrote him an angry letter telling him, basically, to get lost. From there, Mr. Chirac went to California and Louisiana, writing a long paper about the Port of New Orleans.

On his return to Paris he became engaged to his longtime girlfriend, Bernadette Chodron de Courcel, who was from a wealthy family in Corrèze, southwestern France. They were married, and she was later elected a regional councilor.

Their younger daughter, Claude, became her father’s communications director when he won the presidency. Mrs. Chirac and Claude survive, as does a grandson . An elder daughter, Laurence, died in April 2016 after at least one suicide attempt.

In the late 1950s, Mr. Chirac attended the National School of Administration, which has produced several prime ministers, and did well there. He then obtained an army commission and became a lieutenant in charge of a unit of 32 men that saw combat in the Algerian war for independence. In one instance he helped rescue an ambushed unit.

The war was a defining experience. “For me,’’ he said in 1975, “it was a time of very great freedom” and “the only time I had the feeling of command.”

Back in civilian life, he took a job in the main government accounting office, where he caught the attention of Mr. Pompidou, then the prime minister. He called Mr. Chirac “my bulldozer.”

“If I told Chirac that this tree is putting me in the shade,” he said, “he would cut it down in five minutes.”

By 1974, Mr. Chirac had become a member of Parliament and a rising star in the faltering Gaullist party, which had been leaderless since de Gaulle’s retirement in 1969.

President Valéry Giscard d’Estaing, a centrist, made Mr. Chirac prime minister, heading a government coalition of rightist and centrist parties. But the style of the two clashed. Mr. Giscard d’Estaing was an aristocratic intellectual, Mr. Chirac a hard-driving politician. He quit as prime minister in 1976 and began his own march toward the presidency.

The first task was to weaken Mr. Giscard d’Estaing. He did this by competing with him for right-center votes in the first round of the 1981 presidential election. The split helped elect the Socialist candidate, Mr. Mitterrand, who served two seven-year terms, until 1994.


Quo Vadis Africa?

Harare – The founders of the Organisation of African Unity – among them Julius Nyerere, Haile Selassie, Kwame Nkrumah and Gamal Abdel Nasser – dreamt of an economically and politically emancipated continent.

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Resources: Taking Back Control

Third Wave Looms Large

Fifty-eight years later, with the OAU now the African Union, the continent has made some headway, particularly as regards decolonisation, but is still heavily dependent economically on America, Asia and Europe.

The AU celebrated its 58 th anniversary on May 25, with this year’s theme being “Arts, Culture and Heritage: Levers for Building the Africa We Want”.

For the second year running, there were few public festivities due to COVID-19, with the pandemic not only taking a health toll, but also showing up gaps in Africa’s economic infrastructure.

Africa has embarked on its largest vaccine programme to date with the World Health Organisation (WHO) saying 49 African countries have so far rolled out mass inoculation campaigns.

However, WHO says just one percent of the 1.3 billion COVID-19 vaccines distributed globally have found their way to Africa.

“We’re in a very tough spot when it comes to supply,” says Dr Richard Mihigo, the WHO immunisation and vaccines development programme co-ordinator. “What is crucial for Africa is that we urgently use all the doses we have to protect our most vulnerable populations.”

About 40 of the AU’s 55 member states are overly reliant on vaccines sourced through the Covax facility and the Serum Institute of India. But India is reeling from a spike in infections and deaths, and cannot presently supply Africa at initially anticipated levels.

“We understand the urgent challenges in India – and WHO is helping however we can – but we hope that second doses will arrive in Africa quickly to give people full immunity,” says Dr Mihigo.

Also of concern has been the low uptake of vaccines amongst populaces, with just eight countries having so far used all doses availed through Covax. Lack of funds, inadequate training and vaccine hesitancy have been cited as reasons behind the less than impressive statistics.

“Commitment and domestic resourcing is crucial,” says Dr Phionah Atuhebwe, the WHO Africa new vaccines introduction officer. “When the Republic of Côte d’Ivoire applied to receive vaccines from Covax that require ultra-cold chains, the government was willing to send the presidential jet to go and get the kit. That is the kind of commitment our countries need.”

The recurrent question, though, has been: Is African unable to invest in its own internal vaccine manufacturing capacity?

Indications are that Africa spends just 0.5 percent of its GDP on research and development, significantly behind the global average of 2.2 percent.

According to the Africa Centres for Diseases Control and Prevention, the continent currently manufactures a paltry one percent – or 12 million doses of vaccines – with the rest being imported. This is due to lack of investment in local pharmaceuticals.

Only six countries have capacity to produce vaccines for yellow fever, rabies and tetanus: South Africa, Algeria, Senegal, Morocco, Egypt and Tunisia.

Christian Happi a molecular biologist at the African Centre of Excellence for Genomics and Infectious Diseases in Nigeria says: “Africa did not invest in COVID-19 vaccine development when we could have produced a vaccine for the African population.”

Politics & Economy

Having witnessed 25 years of economic growth, the continent has suffered a recession attributable to the pandemic.

The IMF estimates that Africa requires in excess of US$250 billion for its economic revival efforts for 2021-2025.

At a summit hosted by French President Emmanuel Macron on financing Africa’s post-pandemic economic recovery last week, it was noted that “Absent a collective action, the financing and objectives of the 2030 Agenda for Sustainable Development and the African Union’s 2063 Agenda will be compromised”.

President Macron said the summit had presented Africa with a new deal in its economic revival efforts.

“We have taken the first step in what we have agreed to call a New Deal with Africa,” he said.

He said he would assist Africa to vaccinate at least 40 percent of its population by the end of 2021 and the IMF said it would avail US$33 billion to Africa in Special Drawing Rights – far less than the US$100 billion lobbyists like the African Forum and Network on Debt and Development have been agitating for.

But the big issue has been why African leaders, led by AU Chairperson President Felix Tshisekedi of the DRC, made a beeline to Paris when President Macron summoned them?

With the natural resources at Africa’s disposal, the human potential it possesses, and the limitless growth opportunities available, does the whole continent have to dance to the tune of France? This is the same France that still collects a “colonial tax” from several West African countries.

It would be instructive to recall that in 1957, then French President François Mitterrand said, “Without Africa, France will have no history in the 21 st century” and how decades later in 2008, Jacques Chirac reiterated: “Without Africa, France will slide down into the rank of a third (rate) power.”

France is not doing Africa any favours, it is acting out of self-interest – something observers say Africa should also start doing.

On the political front, Africa Day once again rolled by with the continent contending with instability.

In North Africa, the Sahrawi Arab Democratic Republic remains a colony of a fellow AU member, Morocco. To the west, Chad recently lost its president to bullets from rebels and Mali – in the same week as Africa Day – had its second coup in a year. In the east, Al Shabaab continues to be a thorn in Kenya and Somalia’s side and in Southern Africa, Mozambique and the DRC are reeling from insurgencies.

Agenda 2063

Despite the immense political, economic and health challenges, the AU remains focused on its long-term plan, Agenda 2063.

Adopted in 2015, Agenda 2063 is “the strategic framework for delivering on Africa’s goal for inclusive and sustainable development and is a concrete manifestation of the pan-African drive for unity, self-determination, freedom, progress and collective prosperity pursued under Pan-Africanism and African Renaissance”.

A key component of Agenda 2063 is the, African Continental Free Trade Area (AfCTA), which became operational on January 1, 2021. It is the world’s biggest free trade pact in terms of number of countries involved, with a market of 1.3 billion people and an estimated GDP of US$3.4 trillion.

“This is not just a trade agreement, this is our hope for Africa to be lifted up from poverty,” said Mr Wamkele Mene, the Secretary-General of the AfCFTA Secretariat, at the virtual launch early this year.

In addition to AfCFTA, the AU is also focused on projects to:

  • Connect all African capitals and commercial centres through a high-speed train network
  • Accelerate intra-African trade and boost Africa’s trading position in the global market place
  • Development of the Inga Dam in DRC to generate 43,200MW of electricity
  • Remove restrictions on Africans ability to travel, work and live within their own continent
  • End all wars, civil conflicts, gender-based violence, violent conflicts and prevent genocide
  • Establish an integrated African air transport market
  • Strengthen Africa’s space industry
  • Create an African virtual and e-university and

Develop an Encyclopaedia Africana to provide an authoritative resource on the authentic history of Africa and Africans.


Africa and France: An unfulfilled dream of independence?

Submission statement: Article about how after 60 years of independence French influence remains controversial and pervasive. I wrote a comment a month ago explaining why French influence is universally reviled on the continent.

As pointed out: the heavy hand of French influence dates back to the times of independence.

"Shortly before independence, France decided to abolish the parliamentary system in some countries like Ivory Coast and introduce a presidential regime in which all territories and powers are in the hands of the head of state," Yamb told DW. The reason being that in this way, "only one person with all the power needs to be manipulated," she said. Françafrique, as the French influence in the former colonies is called, remains a fact, particularly galling to the young, whose resentment of the former colonial power is growing.

And the constant promise of renewal of colonial relations since the 80's. Macron is one of many French presidents making promises that never pan out. As pointed out in my comment (see the quotes by many presidents Africa) France needs Francophone Africa more than any former colonial state on the continent. As half of all French speakers are African, which given the demographic prospect is set to grow even further. And as the article point out, it also props up it's investment portfolio (emphasis mine).

In exchange for military protection against attempted coups and the payment of hefty kickbacks, African leaders guaranteed French companies access to strategic resources such as diamonds, ores, uranium, gas and oil. The result is a solid presence of French interests on the continent, including 1,100 companies, some 2,100 subsidiaries and the third largest investment portfolio after Great Britain and the United States.

Note: French military intervention has been based on flawed logic[1]. Creating a status quo that need not have existed. Furthermore, among the left in France , there is increasing scepticism of French military presence here is a good video (in French) explaining it.

The reality in the 21th century is that this relationship is not sustainable. As pointed out by Natalie Yamb, it might still be tolerated by the elite but the youth is increasingly vocal about true independence. (Keep in mind, unlike the developed world the median age on the continent is 19 [2].) It would be wise not to view French relations with the continent as just "another ex-colonial power". French prospect as a great power lies in Africa. And all parties involved are increasingly aware of this.

Keep in mind that without Francophone Africa: the usage of French would drop by half. Greatly reducing French soft power.

Isn't it quite natural that France has the third largest investment portfolio considering their geographic position and economic size? And is there really a chance that French would be replaced as lingua franca in Francophone Africa with reduced French involvement?

Furthermore, among the left in France , there is increasing scepticism of French military presence here is a good video (in French) explaining it.

Note that Al-Jazeera, even French, is absolutely not a leftist outlet, and is simply speaking to its base.

The problem with « Françafrique » is that it is an easy way for African politicians to deflect the blame of their own shortcomings on France. Politics mingle with business everywhere in Africa, large public procurements with the Middle East and China have their own problems. Why should France's relationship with Africa be singled out? France's economic grip on Africa is today highly reduced – since the 1990's, French doctrine regarding aid to African countries is to tell them to first go to the IMF and World Bank before asking French development aid (« Abidjan doctrine »). Former African colonies therefore have little dependence on French economic aid – this is also reinforced by the fact that only 6 % of Western African exportations are towards France (vs 40 % during the Cold War). There are many other actors intervening today in Africa, namely the US and China, which have displaced a lot of France's former influence. France, to be honest, doesn't really have much economic clout in its former colonies anymore – 50 % of our trade in African countries are with Nigeria and South Africa, both of which are anglophone countries.

French intervention in Africa nowadays fall under two categories : either in a context of UN-sanctioned intervention (displacing Gbagbo) or at the request of other States (Mali intervention in 2013). The days of the French Foreign Legions intervening in some shady parts of Northeastern Congo are long gone. France still has quite a few military bases in Africa, but a lot of them have closed in the past two decades. The plan is now to only have bases in Djibouti and Liberia, with a total contingent of about 3,000 troops in total.

Regarding the franc CFA/ecu : France does not have any say in the African countries' monetary policy. It has left literally all governance institutions. 33 countries out of the 54 in Africa have some form of fixed interest rate. As a matter of fact, African countries in the CFA zone are free at any time to leave it if they want – as did Mali in the 1970's. They came back in the zone because of the advantages that belonging to a fixed exchange rate zone brings : monetary stability (CFA countries have a 3 % inflation rate on average vs 9 % in the rest of Africa) and low interest rates which are attractive to investments. The fact that it is fixed to the euro, a strong currency, does remove their ability to lower the value of their currency to be more competitive in international markets, but it's their choice : African countries are free at any time to leave the CFA zone.


Did Jaques Chirac say “Without Africa, France will slide down into the rank of a third [rate] power”? - Histoire

After 12 nights of rioting in the suburbs of Paris and many other French towns and cities, the premier Dominique de Villepin and president Jaques Chirac have resorted to further repression. They have invoked a law (3 April 1955) passed during the Algerian War of Liberation giving the prefects the right to declare a state of emergency in their regions, involving curfews, closing of places of entertainment and draconian penalties for breaches of it.

The “riots” are in fact a youth uprising with few recent parallels in mainland Europe. Britain has seen its urban riots under Thatcher, Major and Blair too but they were not such a nationwide phenomenon. In France the running battles with the police, the torching of cars, shops and public buildings are beginning to stand comparison with the uprisings of the ghettoes of the United States in the 1960s and 1980s.

They also come against the background of the 4 October one day general strike and day of action by called by all the main French unions, and a rash of strikes against closures and privatisation. Neighbouring Belgium too has seen two general strikes in October, and Italy has witnessed a widespread youth upheaval against education reform. It seems that mainland Europe is having a hot autumn of resistance to neoliberal “reform” and to the deep social deprivation it has given rise to. This is also leading to spontaneous resistance to the “iron fist” policing, deployed to enforce the “hidden hand” of the market.

The youth uprising has long term roots: poverty, inequality, mass unemployment, added to police racism and repression. France’s structural unemployment rate of 10 per cent is not evenly spread either socially or geographically. It rises to 25 per cent amongst youth and from 30 to 50 per cent on the run down estates in the Parisian suburbs. Here it coincides with the fact that these estates have become neglected ghettoes for citizens of Arab and African origins. Most are not “immigrants” at all in the accepted sense Their parents and grandparents came to France to work in the years of the post-war boom. The long decades of economic retreat, job losses, declining social services have left them, above all the young, in a condition the French call précarité, an insecure hand to mouth existence.

Young people find it difficult or impossible to find a job, and suspect, rightly, that an Arab or African name or face dooms their application from the start. They are constantly stopped by the police and made to produce their papers, taking lots of vile racist abuse in the process. This certainly drives some to crime, others to low level vandalism. Now, finally it has driven the youth to a fullscale revolt.

The bourgeois press – even the most liberal – presents it as mindless violence, simple criminality, lumpenproletarian rage. This is a vile lie. If the rising has deep social roots, it also has an immediate provocation, and this centres on the actions and words of Nicolas Sarkozy the sinister Minister of the Interior. Having lit the fire he is now claiming that it is the product of an Islamist conspiracy, and talked darkly of al Qa’ida connections.

In an informative article – Why is France is Burning? by Doug Ireland – carried on Znet, which nails these lies, Claude Angeli, editor of Le Canard Enchainé, is quoted:

“That’s not true – this isn’t being organised by the Islamist fundamentalists, as Sarkozy is implying to scare people. Sure, kids in neighborhoods are using their cellphones and text messages to warn each other where the cops are coming so they can move and pick other targets for their arson. But the rebellion is spreading because the youth have a sense of solidarity that comes from watching television – they imitate what they’re seeing, and they sense themselves targeted by Sarkozy’s inflammatory rhetoric. The rebellion is spreading spontaneously – driven especially by racist police conduct that is the daily lot of these youths. It’s incredible the level of police racism – they’re arrested or controlled and have their papers checked because they have dark skins, and the police are verbally brutal, calling them ’bougnoules’ [a racist insult, something like the American “towel-heads", only worse] and telling them, ’Lower your eyes! Lower your eyes!’ as if they had no right to look a policeman in the face.”

Instead of liberty, equality and fraternity, the French Republic has given the ten per cent of its people of Arab and Black African origin– plus a large number of “French” working class youth too – précarité, inequality and racism. The insulting ban on the wearing of Islamic headscarves in schools was meant to underline the forcible character of the “republican” demand for integration. This says we will integrate you – not by freeing you from racist discrimination, not by integrating you into the workforce, not by providing you with the social services that encourage solidarity amongst ordinary citizens but forcibly, by the threats of the headmaster, the bureaucrat and the policeman. No wonder such integration is failing. It will fail more and more.

But the spark that lit this prairie fire of resistance did not come from Islamists or criminal gangs but from none other than Sarkozy, himself.

In the early autumn Sarkozy launched, with great publicity, a law and order campaign, targeted at the suburban estates. This was his answer to their manifest social problems rather than any attempt to counter mass unemployment and deprivation. Chirac and “socialist” Lionel Jospin before him have been slashing various social programs in the name of “reform”. Since 2003, there have been, according to the daily Le Monde, cuts of 20 per cent per annum in subsidies for neighborhood groups that work with youths, cuts in youth job training and in tax credits for hiring youth, cuts in education and literacy programs, cuts too in neighborhood policing. This latter is regarded as a big part of the solution for all social liberals. Of course a police force that knows “its” community may be less blatantly racist to them, in part in the hope of getting more information about petty crime, but it will never solve the social problems of these areas.

But Sarkozy will have none of such “soft” solutions. On a trip to Toulouse, he even told the neighborhood police: “You’re job is not to be playing soccer with these kids, your job is to arrest them!” His solution is to treat these estates like an occupied country and send in the notorious paramilitary CRS (Compagnies Republicaines de Securité), and their delightfully named SWAT teams. He combines budget cuts for social provisions with soaring expenditure on repression. That is neoliberalism in action against the “enemy within”.

On 25 October Sarko – as he is called by the youth – visited the Paris suburb of Argenteuil to see how his law and order onslaught was going down. In fact his whole campaign is designed to attract support for his presidential ambitions for the 2007 election, by playing the racist card. Unsurprisingly he was pelted by angry crowds. In reply he said that such neighbourhoods needed to be “karcherised “(after a brand of sand blasting) “ to get rid of such “scum” (racaille). The police duly obliged. On 27 October, two teenagers Zyed Benna (17) and Bouna Traore (15) were electrocuted after being chased into an electricity sub-station in the Paris suburb of Clichy-sous-Bois.

This led to the first serious night of fighting with the police and setting fire to vehicles. This was no rash of criminal acts but an uprising against Sarko and his racist police force. The uprising swept across the Seine-Saint-Denis region, and Sarkozy’s response was to declare “zero tolerance” and send major police reinforcements to Clichy-sous-Bois. On 1 November, rioting spread out of Seine-Saint-Denis to three other regions in the Paris area. On 3 November, the uprising spread well beyond the Paris region to Dijon and parts of the south and west.

In many cases the spark was in fact the actions of Sarko’s police, treating these areas as territory to be re-occupied. The anti-racist site Les mots sont importants (words are important) reports how the police acted on the Chêne-Pointu housing estate, in Clichy-sous-Bois, the home of the two youths electrocuted in the EDF substation.

Antoine Germa, a geography and history teacher, reports that on 30 October, the day of the silent march in commemoration of Zyad Benna and Bouna Traore, organised by the local mosque, “everything seemed calm throughout the day and the forces of the law kept out of sight”.

But then: “On Saturday night, at the end of the Ramadan fast, at about 6:30pm, 400 CRS and gendarmes came… in cohorts like the Roman legions, at a run, visors down, shields on their arms and rubber and plastic bullet guns in their hands, they went through each street against an invisible enemy. At this time, everyone is eating and nobody is outside. Why this demonstration of force when the streets were particularly calm? ‘Police provocation,’ reply as one the local people.”

The only problem they faced was that they totally underestimated the anger of the youth and the numbers willing to fight back. Naturally they had resort to a conspiracy theory. Islamist preachers of hate were turning the minds of the young. This too is a pack of lies.

Olivier Roy, one of the most intelligent writers on political Islam, has scornfully rejected Sarkozy’s claims that this is an Islamist uprising. Though many youth are from Muslim backgrounds, many are not. “These guys are building a new idea of themselves based on American street culture. It’s a youth riot – they are protesting against the fact that they are supposed to be full French citizens and they are not.”

No what we are certainly witnessing is an uprising similar in kind to the fightbacks in Britain and the United States – a fightback by impoverished working class youth, many unemployed, those who suffer regular racist abuse and police harassment. It has been provoked by Sarkozy but he has got more than he bargained for. Of course the almost total absence of political and trade union organisation amongst the suburban youth – not their fault but that of the big bureaucratic forces of the reformist Labour movement – means that the present movement has formulated no demands – other than the resignation of Sarkozy – and not been able to consider its tactics. The task of revolutionaries faced with spontaneous upheavals is not to arrogantly upbraid them for this lack of strategy or for some self-defeating actions (e.g. burning down schools in their own district). But it is their duty to argue for a way forward both to the youth and to the working class movement.

To the youth, faced with occupation of their districts by SWAT squads we say –

• “Self defence is no offence” Organise the protection of your estates as well as you can: protect the old an vulnerable as well as yourselves and you will weld the working class communities together against the CRS intruders. Form disciplined defence organizations. Appeal for help to the left parties and militant unions.

• Assert your right to demonstrate, calling for the immediate withdrawal of the police from the estates, the instant dismissal of the hated Sarkozy, the release of the hundreds arrested during the uprising. Call for the workers movement and the left to organise a big solidarity demonstration with the youth protests and to link the social struggles against privatisation of EDF etc. with the issue of racism and youth unemployment.

• Demand instead of Chirac and de Villepin’s latest empty promises of reform, training and jobs, the deployment of all the resources needed to improve the estates, employing local youth and unemployed, on trade union rates and conditions, and under the residents’ own democratic control and planning. Demand too a massive programme of public works and the cessation of the attacks on the eight hour day so that the work time can be reduced with no loss of pay to absorb all the unemployed. “Where is the money?” the politicians and economists will cry. Make the rich pay! And if they “cannot” then declare their whole system, capitalism, bankrupt.

Youth across Europe and the world must declare their solidarity with their French comrades. Struggles like theirs, along with that of the Italian university and school students shows the need too for mass youth organisations in every country, united in a new revolutionary youth international.

As this newswire goes out, it is hard to predict how the uprising will develop. In and of themselves, riots on this scale can, and often do bring about reforms indeed, this is the consciously acknowledged strategy of some of the youth. As one rioter said, “Cars make good barricades and they burn nicely, and the [TV] cameras like them. How else are we going to get our message across to Sarkozy? It is not as if people like us can just turn up at his office.”

Without union cards, access to the overwhelmingly white and middle class dominated Attac altermondialiste movement, or a socialist youth organisation, however, these reforms – improved housing, more low paid jobs and apprenticeships for 14 year olds have been mentioned by Chirac – will prove superficial, and be tied to new forms of social control. Already, pressure has been put on the Union of French Islamic Organisations to rein in the youth. It has duly obliged by issuing a fatwa, forbidding Muslims from attacking “private or public property,” and will now vie with the ultramoderate Dalil Boubakeur of the Muslim Council and Grand Mosque of Paris, as to who will become the official conduit for reforms and social control.

Despite the gloating of most British and some American liberal commentators, this Anglo-Saxon policy is not going to solve the problems of France’s alienated African and Arab youth, any more than it has solved the problems facing racial minorities in the UK or US.

Indeed, it has already been tried in France. As one activist on the estates told The Observer, “Twenty years ago we had a wave of policies aimed at supporting neighbourhood associations. But these groups were, in time, co-opted by politicians and lost their credibility. Other associations had their funding cut.”

This is precisely what has happened in the US since the 1960s and Britain since the 1980s. There may even have been a black mayor of New Orleans, but that didn’t help the African American masses, when Hurricane Katrina revealed their précarité.

For the uprising to achieve more than momentary reforms and career opportunities for a new layer of ”community leaders”, the French labour and altermondialiste – i.e. antiglobalisation – movements have to support the demands of the youth, stop hiding behind the empty rhetoric of French bourgeois republicanism, and take special measures to integrate the seven million African and Arab workers into their ranks.

• Unban the hijab! The FSU teachers union should launch a campaign of defiance, refusing to exclude Muslim girls for wearing the headscarf.
• CGT, organise the unemployed, and re-establish the militant tactics of Action Contre Chômage in the 1990s, taking the campaign into the suburban estates. Work or full pay!
• For the right of black and Arab workers to caucus independently within the unions and the social movements, so that they can discuss racism within the movement and develop demands to fight around. The unions must launch special campaigns to unionise those industries where black and Arab workers are concentrated.
• For the labour movement and black and Arab organisations to establish the real extent of racial oppression in jobs, education, housing, and so forth, and demand funds, real jobs and training – all under trade union and working class control – to combat racist discrimination and oppression.
• Launch a vigorous campaign for an all out general strike, linking the demand to stop the privatisation of the electricity monopoly, EDF, to the demands of the youth and the unemployed, and centring on the call, “Down with Sarkozy, de Villepin and Chirac!”


Voir la vidéo: La petite phrase de Chirac fait toujours réagir (Novembre 2021).